Une petite anecdote lors de mes pérégrinations de VRP dans quelques boutiques.
Bien entendu, me considérant un minimum gentleman, je ne souhaite pas dénigrer ouvertement et publiquement les personnes ou boutiques surtout sur un blog suivi par plus de trois millions d’internautes …
Je m’étais dit (il m’arrive de me parler à moi-même, et parfois je ne suis pas d’accord avec moi.. vous me suivez ?):
« Des boutons de manchettes en mécanismes de montres, cela intéresseraient qui ? hum … (intense activité neuronale) des gens qui achètent des boutons de manchettes ?…hum (re-intense activité neuronale) …des montres ?…non ! des gens qui aiment les montres et qui veulent affichés leurs travers passions aux poignets ! J’irai donc voir des boutiques de montres CQFD! (activité neuronale plate…)»
Fier de ce raisonnement, je décide donc de proposer mes réalisations à une boutique de montres hauts de gamme quelque part en France, entre Melun et Le Havre (bon ok, c’est Paris). Appelons la boutique MARIO RENO. Comme toute bonne boutique de luxe qui se respecte, elle comporte un sas de décontamination avec prise d’emprunte et délit de faciès. Une fois que la lampe verte buzzant m’informe que je suis décontaminé des miasmes extérieurs, je pénètre dans un écrin sombre.
Seules quelques lumières tamisées éclairent (timidement) de superbes tocantes dont les prix tutoient mon numéro de sécurité sociale … Dans un coin, un vendeur me scanne des pieds à la tête.
J’ai la chance et le bon goût de porter des richelieus quatre œillets, patinés loupe d’orme et glacés ainsi que d’avoir noué une cravate (demi windsor à goutte déstructurée, ça c’est pour faire mon frimeur). Il n’appelle donc pas l’agent de sécurité.
Moi: « Bonjour, je me permets de venir vous présenter quelques unes de mes réalisations. Je suis auto-entrepreneur (certains entendent : demandeur d’emploi en situation précaire et vivant de subsides de l’Etat providence) et je réalise des boutons de manchettes en mécanismes de montres-Voyant sa tête incrédule, j’ajoute – je vous ai apporté quelques exemples … »
Je sors donc quelques modèles préalablement choisis avec méthodologie et professionnalisme (Amstramgram est une méthode scientifiquement éprouvée et reconnue)
Le vendeur : « Hum… ouais. C’est vous qui les faîtes ? »
Moi : « Oui » (de toute façon, il ne m’aurait pas cru si je lui avais dit que c’étaient de petits enfants vietnamiens entassés dans ma cave qui usinent les pièces à longueur de journée). Je vous propose de convenir d’un dépôt vente de quelques pièces afin de tester l’intérêt des clients vis-à-vis de mes réalisations. Si cela fonctionne, vous percevrez les fruits de la vente, si cela ne fonctionne pas, vous ne perdez rien et je vous reprends les produits. Qu’en dites-vous ? »
Le vendeur : « Nous vendons DEJA (!) des boutons de manchettes. Des Milus »
Mes lèvres me brûlaient de lui déclarer mon (lance) flamme…lui dire « Mais pourquoi vendez vous plusieurs marques de montres et non une seule ?! ». Mais j’ai préféré « Je comprends. Et vous ne souhaitez pas diversifier vos produits ?»
Le vendeur : « Je ne crois pas, mais demandez le au président. Voici sa carte. »
Je le remercie pour le temps qu’il m’a accordé et sors.
Je comprends et accepte tout à fait que les gens n’apprécient pas mes réalisations, mais ce qui me désole, c’est le manque de courtoisie, le dédain voire la condescendance de certaines personnes lorsque d’autres viennent proposer leurs services.
Ce n’est (malheureusement) pas une expérience isolée, mais il faut garder la « positive attitude » comme le disait la chanteuse Lorie. Sinon, j’arrêterai.